Geneviève Delmas-Patterson | Ces voyages qui forment la jeunesse

Geneviève Delmas-Patterson,
don majeur

Après des études d’ingénieure chimiste et deux ans à la Radiotechnique à Paris, Geneviève Delmas désirait voir le monde. Passionnée de chimie, elle choisit Montréal et décide d’y faire sa maîtrise. « J’étais attirée par l’enseignement et la recherche, mais j’ai hésité à rester pour un doctorat parce que ça signifiait rester encore quatre ans loin de la France et de ma famille », explique-t-elle.

En effet, à la fin des années 1950, elle était l’une des rares étudiantes étrangères. « J’ai vécu beaucoup d’isolement. Les autres étudiants allaient voir leur famille le dimanche, et moi, je comptais les dimanches qu’il me restait. C’était beaucoup de solitude, mais je l’ai fait. » En fin de compte, ses dimanches en solo n’ont pas été si nombreux : « J’ai rencontré Donald Patterson, mon directeur de recherche, qui est devenu mon mari, et je suis restée pour faire mon doctorat. »

Après ses études à l’Université de Montréal, la Montréalaise d’adoption part en Israël pour faire un postdoctorat. Si les études lui ont permis de se spécialiser en chimie physique, c’est le voyage jusqu’à son université qui l’a marquée : « J’ai voyagé en bus, en passant par la Yougoslavie, la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. J’ai adoré découvrir la région, et particulièrement les pays arabes, où j’ai été très bien reçue », souligne la chimiste.

De 1969 à 1999, elle a enseigné au Département de chimie de l’UQAM et a fait avancer les champs de la calorimétrie et de la spectroscopie. Généreuse de son temps et passionnée par son domaine, sa porte était toujours ouverte, surtout pour les étudiantes et étudiants venus d’autres pays. « Comme professeure, je ne disais jamais non quand quelqu’un voulait venir étudier avec moi. Je me disais que si quelqu’un voulait bien travailler, ça allait marcher », se rappelle celle qui a accueilli, au cours de sa carrière, des dizaines d’étudiants venus entre autres d’Europe de l’est, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie.

Son soutien essentiel comme professeure se poursuit aujourd’hui sous la forme de la Bourse Geneviève-Delmas-et-Donald-Patterson en sciences, créées grâce à un don d’actions d’un montant de plus de 50 000 $. Réservée aux étudiantes étrangères originaires d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Haïti au niveau baccalauréat, la bourse contribuera à transmettre sa passion pour la chimie à de nouvelles générations d’étudiantes.

« Je veux donner un coup de pouce à leur développement professionnel. J’ai été très privilégiée dans ma vie, et je trouvais que c’était une belle occasion de redonner », explique la donatrice, qui soutiendra ainsi des étudiantes venant des pays qui l’ont marquée alors qu’elle était elle-même étudiante. Une belle façon de boucler la boucle!

Publié le 28 janvier 2020
Crédit photo : Nathalie St-Pierre

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